Temples d’Angkor : Ta Prohm & Banteay Srei – Part. Two

Alors que les premiers touristes arrivent à Ta Prohm, je fuis et rejoins trempée mon chauffeur de tuk-tuk qui finit sa nuit.

Il a envie de petit-déjeuner avant d’aller au prochain temple. J’attends… Sur la route en direction de Banteay Srei, le soleil est revenu et une nouvelle journée débute pour les habitants de maisons en feuilles de palmiers. Sur des fours en pierre cuite, de grosses marmites fument. Des écoliers en uniforme chantent l’hymne national devant le drapeau cambodgien. Des hommes rêvassent dans des hamacs. Des femmes s’affairent à fabriquer des objets de la vie quotidienne en feuilles de palmiers. Des enfants nus jouent. Des vieilles dames, chargées comme des mules, pédalent. Des vaches broutent dans les rizières asséchées. Des dizaines de cambodgiens s’entassent à l’arrière de pick-up japonais. Des cars de touristes nous doublent déjà…

Banteay Srei est l’un des plus jolis temples d’Angkor : en grès rose, ses sculptures sont les plus ciselées et sa restauration est la plus réussie de toutes celles que j’ai vues… même si celle-ci comporte des imperfections comme la création de magasins climatisés, la gérance du snack par une chaîne de restauration (Bon Café) et autres facilités sensées rendre la vie des touristes plus facile. Sur le parking à 9h du matin, dix bus ont déjà lâché leurs ouailles. Bon OK, je peux comprendre que tout le monde ne se sent pas d’organiser un voyage et opte pour un « produit touristique » mais quand même quel plaisir peut-on prendre à se déplacer par grappes ? Bref ! Je ne vais pas commencer à épiloguer sur  le tourisme contemporain (y a aussi à dire sur les routards) et ne surtout pas donner de leçons (je remets également beaucoup en question ma façon de voyager) mais bordel de merde, ils peuvent pas arrêter de brailler lorsqu’ils sont dans des lieux tel que Banteay Srei ou Angkor Vat ! Trois petits tours et je m’en irais : impossible d’apprécier même l’ipod collé aux oreilles. Que branlent l’UNESCO et l’ASPARA (l’organisation cambodgienne qui gère les temples) !? Faut sérieusement penser à revoir la régulation des flux de touristes…

Déposée à Angkor Vat à 11h du mat’, je suis épuisée et m’en vais trouver une place au frais, dans la galerie la plus éloignée de la foule,  pour faire une sieste. Une légère brise caresse mon visage et lorsque j’ouvre les yeux, des divinités m’apparaissent. Heureuse d’être à Angkor Vat, je me rendors jusqu’à … 13h30 ! Après un déjeuner dans l’enceinte du temple, je tente de m’isoler psychologiquement parce qu’en vrai je suis cernée par des touristes. 90% d’entre eux sont des chinois, japonais et coréens et faut croire qu ils n’ont pas les mêmes us et coutumes que les occidentaux… le silence, le respect des lieux, l’introspection, ils ne connaissent pas. (Cela dit, je suis tombée sur un groupes de français. Pas mieux.) Quel cirque pour accéder à la tour centrale -actuellement en travaux et donc partiellement recouverte d’une bâche verte ! Des cordes, une file d’attente interminable, des escaliers en bois scellés aux escaliers en pierre d’origine, érodés et glissants. Pendant près d’une heure, je prendrais les touristes en photos (quelques chouettes portraits de touristes à Angkor sur ce lien). Pendant une autre heure, je bouquinerais attendant que l’on passe de plus de 300 à seulement 100 touristes… parce qu’à 17h30, à l’heure où le personnel évacue les visiteurs, ce sont pas moins de 100 touristes qui se photographient encore dans les petites galeries, au coeur de Angkor Vat. De jolies sculptures ornent les murs mais bon à périodes similaires, je préfère les apsaras des temples de Khajuraho en Inde… elles ont des plus gros seins et elles matent des couples en train de faire l’amour… Plus funkys quoi !

Dans tous les cas, j ai été bien incapable d’occulter le boxon autour de moi. Pierre Loti a écrit à propos d’Angkor : « basilique fantôme, immense et imprécise, ensevelie sous la forêt tropicale ». Hum. Depuis les explorateurs français, les khmers rouges ont décapité et dynamité des statues notamment celles de la galeries des milles bouddhas et des pilleurs continuent encore aujourd’hui de dilapider l’héritage (une figurine de l’époque angkorienne se négocierait à 25000 euros). Quant à la restauration… Je ne suis pas une spécialiste mais si même moi je me rends compte que c’est fait n’importe comment…

Bref ! J ‘ai visité en trois jours une quinzaine de temples angkoriens. Il m’en reste plus de 250 à découvrir. A raison d’un par jour, entre 6h et 7h du mat’, va falloir que je demande une extension de visa.

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