Mysore : Itsi Bitsi petit Bidi

Le bidi (ou beedie) est LA cigarette indienne constituée principalement de tabac* roulé dans une feuille de tendu (arbuste indien de la famille de l’eucalyptus).

20% du tabac indien est produit dans le Karnataka, état du sud de l’Inde où je me trouve actuellement. En Inde, environ 2 millions de personnes se livrent à la collecte de feuilles, alors que 4,4 millions d’autres sont employées directement dans le roulage de bidis. Même s’il existe des usines le plus souvent familiales, la fabrication du bidi reste artisanale. Je me suis rendue par curiosité dans un de ces « ateliers ». Amazing comme disent les anglo-saxons.

Les guillemets à « atelier » parce qu’en fait je me suis retrouvée dans une maison au coeur de Mysore où trois papys roulaient du bidi depuis dix heures du matin. Agés de 65, 80 et 82 ans, deux d’entre eux me semblaient aveugles mais faut croire que non puisqu’à 17 heures, ils s’acquittaient de leur rendement quotidien de 600 bidis, chacun.

Peu bavards car très absorbés par leur tâche, ils ont semblé au final contents que que je m’intéresse à leur travail (j’ajouterais même un peu taquins les papys…). Sinon, j’ai bien essayé d’en rouler un mais difficile car les feuilles étaient encore fraîches et peu malléables. Bon OK, je ne sais même pas rouler une clope. Toujours est-il, qu’il semblerait que deux semaines de formation soient nécessaires (ainsi que des années d’expérience pour le coup d’ongle qui permet de fermer le cône).

Les bidis roulés et noués avec un fil rouge sont ensuite exposés 24 heures au soleil avant d’être conditionnés par paquet de 20 puis boîtes de 280, par d’autres travailleurs à domicile.

Cigarette du pauvre en Inde, cigarette des indophiles en France, les épiceries indiennes, notamment dans 10ème arrondissement à Paris, n’ont officiellement plus le droit d’en vendre… 

* il existe des beedies sans tabac

6 pensées sur “Mysore : Itsi Bitsi petit Bidi

  • 30 novembre 2007 à 12:17
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    @ Henri et Vincent : C’est fou ca hein comme les bidis sont indissociables de l’Inde…
    Qui ne fume pas au moins un bidi ne peut comprendre l’Inde !? Hahaha ! Nimporte quoi, Celine…

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  • 28 novembre 2007 à 15:12
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    Bah moi qui croyais que la fabrication de beedies était industrialisée ?!?
    Je me souviens que ça a un goût étrange et sans odeur trop marquée.
    Curieusement ça me semblait moins fort que mes blondes habituelles.
    A bientôt.
    15.

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  • 26 novembre 2007 à 11:10
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    j’en avais ramené un sacret paquet d’inde… ca me faisait remonter des souvenirs quand j’en refumais de temps en temps..
    ilyaaussi des cigares en inde, pour desprix tellement ridicules… tu veux pas m’en ramener quelques caisses ? 🙂

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  • 24 novembre 2007 à 11:48
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    @ Lily : Il est vrai que je suis venue en Inde cette fois ci non pas pour me remonter le moral et fuir la routine, le chomage etc mais pour donner ce que j’ai recu et partager avec les indiens des moments privilegies… sauf que la note suivante d’en dira plus…
    @ Ceucidit : Comment ca tu fumais ado !? Toi ? 🙂
    Ma note suivante ne renseignera sur pourquoi je n’ai pas encore commenter sur ta note et repondu a ton mail…

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  • 23 novembre 2007 à 13:28
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    J’en fumais ado;) Je les achetais à l’époque aux puces de Clignancourt!

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  • 22 novembre 2007 à 21:21
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    J’ai la sensation que tu vas encore plus au coeur des gens, de la vie que lors de ton premier voyage. Moins centré sur toi, plus ouvert sur le reste.
    En tout cas, je suis là bas durant quelques minutes à chaque fois que je te lis 🙂

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