Chi Path : à l’heure de la jungle cambodgienne

Après une journée de voyage en pick-up régénérant, en speed-boat vomitif, en bus climatisé réfrigérant, en taxi corrompu, une balade de 2h30 sur une pirogue en bois à travers les mangroves des Cardamones, a achevé un voyage improbable entre plage et jungle.

Arrivés à Chi Path, à la nuit tombée, nous sommes accueillis par Veshna et ses potes. Premières gorgées de ce que nous appelons, Jungle Juice : de l’alcool de riz fabriqué maison, enrichi de méthanol pur qui fait monter la température. 70 degrés qui brûlent l’oesophage mais il serait malpoli de refuser, paraît-il. Veshna et sa jeune épouse Sheeva tiennent une guest house mais sont surtout les tenanciers du désormais mythique Local Pub. Veshna travaille également au CBET. Késako ? CBET signifie Community Based-Ecotourism. A Chi Path, le CBET a été monté par Oran, un israélien élevé au grand air (dans un kibboutz pour être plus précise). Aujourd’hui, l’ONG américaine Wildlife Alliance supporte financièrement et logistiquement le projet. L’idée serait qu’à l’année, les villageois deviennent autonomes. Harold, un franco-irlandais assure la transition. Jessica, une hollandaise, étudiante en Wildlife Management réalise un stage de quatre mois. Tous formons dorénavant une famille très hétérogène où la place de chacun n’est point claire. Les cartes se brouillent. Les pistes serpentent. J’en perds mon anglais. Plus que les moustiques et autres bestioles volantes et piquantes, vivre en microcosme au milieu de nulle part est très déstabilisant. La jungle a des accents de Loft : passions exacerbées, doutes permanents et remises en question quotidiennes.

A Chi Path depuis trois semaines, mon emploi du temps est tributaire des aléatoires connections internet et de la météo. Connections internet essentielles pour moi puisque j’ai accepté de refaire le site internet. Du coup, j’ai un contrat de trente jours avec devoirs et obligations bien difficiles à tenir dans un tel contexte… Quant à la météo, le monde va mal les z’amis : après les pluies torrentielles qui se sont abattues fin 2010/début 2011 sur le Sri Lanka, en pleine saison soi-disante sèche, la mousson a, dans les Cardamones, deux mois d’avance. Il pleut des hectolitres, pendant une heure par jour. Souvent en fin de journée. Parfois, dans la matinée. Plus inhabituellement, après le déjeuner. Quand il ne pleut pas, la chaleur est accablante et cela ira crescendo jusqu’à la fin de mon séjour en Asie. Accablante chaleur qui ralentit les cadences et freine les velléités sportives quoique Niels, Harold et un de ses potes en visite ont parcouru un cent mètres mythique : du bureau à la glacière du Local Pub. Bravo !

A Chi Path, je bois beaucoup, ne travaille pas assez à mon goût et sympathise avec les locaux même si peu d’entre eux parlent anglais : quelques anciens braconniers reconvertis en guides touristiques apprennent la langue de Shakespeare depuis une année. J’apprends des mots français à Lee Pheng qui m’apprend en retour des mots khmers. Je joue avec les enfants. Je papote trucs de fille avec Sheeva. Je rencontre les touristes de passage avec qui je partage un kayak et/ou une conversation intéressante. Je suis Niels et ses ados en vadrouille dans la jungle, à trois sur chaque moto, pour une baignade au pied d’une cascade. Je m’initie à la danse khmère et me déchaîne sur du hip hop US sans aucun enchaînement logique à des mariages (bientôt le troisième !).

Ah and last but not the least, je teste des nouvelles excursions comme la pêche nocturne à la crevette, sur une pirogue à rames ou la Sunset Cruise : largués au beau milieu de la rivière, avec des bières, un bon repas et des lampions, Niels, Harold, Jessica, le pote de Harold et moi-même avons bien festoyé. Climax de la partie touristique de mon séjour au Cambodge, cette croisière… et je ne dis pas cela parce que j’ai posé avec le pote pour illustrer les brochures de ce nouveau produit touristique !!!

2 pensées sur “Chi Path : à l’heure de la jungle cambodgienne

  • 24 juin 2015 à 13:46
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    Ce sont de très belles photos que vous avez faites ! Est-ce que la langue n’est pas une barrière pour discuter avec les personnes du village ? Je suppose que ça ne doit pas être simple à chaque fois.

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  • 14 novembre 2011 à 14:02
    Permalink

    Félicitation pour ce blog que j’ai découvert sur le concours de
    Marie Claire

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