Aéroport, collier de fleurs et invité prestigieux

Dans la ville de Khajuraho, circulait une info comme quoi il y aurait une compétition de chants et de danses à l’aéroport, le lendemain.

Le soir au Yogi Lodge, j’en informe mes camarades : Marie-Aude, une infirmière française en Inde puis cinq mois, un jeune couple de saisonniers français fraîchement débarqués à Delhi pour un périple de six mois en Inde et Sami, un montpélliérain, qui va de Pondichéry à Katmandou en Royal Endfield (une moto héritée des anglais).

« Sintaram ? A combien tu nous fais le trajet aller-retour à l’aéroport ? Ce qu’on veut ? OK, chello ! »

(« chello » signifie au gré des situations « come on » ou « let’s go »)

(« chello » avec « atcha » qui signifie « OK, d’accord » et « namasté » (bonjour) sont les trois mots indispensables à connaître en hindi)

Arrivés sur place, nous décidons avec mes quatre compatriotes d’encourager l’école de Ghita. Toutefois, de jeunes garçons ressemblant à des scouts attirent mon attention et je décide de les supporter aussi. Pis des adolescents gauches qui gloussent dés que je leur souris m’interpellent… Bon, OK, je supporte tout le monde !

(cela dit, je prends un coup de vieux cette année : tout le monde m’appelle « madame » et les indiens à la fameuse question : « tu me donnes quel âge ? » répondent tous 30-32 ans et comme je les sais flatteurs, je viens d’investir dans une crème anti-rides Himalaya Herbals…)

Des professeurs, des journalistes, des notables et des curieux comme nous, attendent (enfin le pensons-nous à ce moment-là) le spectacle. Un homme nous distribue des colliers de fleurs. J’en glisse un autour de mon cou, ravie de l’accueil qui nous est fait… avant que l’homme revienne et me demande de le retirer !

Soudain, l’atterrissage d’un avion soulève la foule et des hourras fusent. Une telle excitation règne que je commence à me demander si nous n’attendrions pas une star de Bollywood… Shah Rukh Khan à Khajuraho !? Excitée, je m’empresse de demander autour de moi le nom du prestigieux invité que nous attendons tous fébrilement : Qui !? Le Ministre des sports et de la famille !? Sérieusement !? Quelle déception, mes amis…

A l’apparition du fameux ministre, les enfants commencent à chanter et danser tandis que les adolescents lui font une haie d’honneur et que les notables se ruent sur lui pour lui passer leur collier de fleurs autour du cou. Surréaliste. On nous enjoint à faire de même : Marie-Aude s’approche du ministre qui semble étouffer sous les fleurs, ajoute le sien tout en lui soufflant : « Ca va ? Vous pouvez respirer !? ». Le monsieur amusé par cette occidentale lui offre, en retour, un bouquet de fleurs (bienheureux, il faut aussi l’avouer, de se libérer les mains) ! Dans la cohue générale, j’ai manqué d’agilité et le monsieur est parti  avant même que je puisse l’honorer de mon collier de fleurs.

J’y vois alors un signe et attends patiemment qu’un beau gosse apparaisse pour lui souhaiter la bienvenue à Khajuraho. La plupart des passagers ne ressemblent ni de prés ni de loin à un BG alors je me rabats sur un petit asiatique, qui tellement surpris par mon geste, a le réflexe de vouloir me coller une claque alors que je ne suis que paix et amour ! A peine ai-je eu le temps d’esquiver. En tous cas, cette scène a bien fait rire l’assemblée indienne. C’est toujours ça.

Le Ministre des sports et de la famille du Cricket, parti, tout le monde a quitté l’aéroport.

Voilà, voilà…

 

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