Docedge ’08 : derniers pitchs

Aujourd’hui, troisième jour du workshop, j’ai découvert de nouveaux pitchs, de nouveaux projets, essentiellement portés par des cinéastes femmes.

Tout d’abord le pitch d’une jeune cinéaste passionnée de cinéma-vérité, Aditi : elle veut filmer une famille indienne à travers le regard de la grand-mère. Intéressant.

Debjani s’attache quant à elle à suivre une femme, Jahnavi. Séropositive, elle souhaite se présenter à des élections locales et ainsi être la première personne séropositive en Inde à obtenir des responsabilités politiques. Un défi pour cette femme qui compte littéralement ses jours et se réjouit d’être en vie tous les 90 jours…

Tangella, au cours de recherches pour un précédent film a rencontré Malti, qui de membre de l’organisation fondamentaliste hindoue RSS (responsable de l’assassinat de Gandhi et du génocide musukman au Gujurat) est devenue une adepte de la philosophie de Gandhi. Aujourd’hui, elle vit dans un ashram et passe son temps à filer du coton.

Le pitch de Namrata m’a particulièrement intéressée : elle veut parler de sexualité féminine en Inde à travers le portrait de quatre femmes de trois générations :

  • sa grand-mère qui lorsqu’elle avait ses règles devait se tenir à l’écart de la maison familiale et brûler ses serviettes hygiéniques en tissu le dernier jour. Encore aujourd’hui, l’entrée de certains temples est interdite aux femmes pendant leur menstruation.
  • sa meilleure amie, 30 ans, journaliste et présentatrice sur une chaîne TV du Kerala, qui voyage beaucoup a l’étranger et change souvent d’amants.
  • sa mère et la mère de son amie qui se désespèrent de voir leurs filles se marier et avoir des enfants.

Quant à Shabani, encore au stade des recherches, elle veut suivre le quotidien d’hommes dans un village de l’Haryana. La particularité de ce village ? Aucune femme n’y vit ! L’Haryana est l’un de ses états en Inde ou le foeticide féminin est pratiqué. Conséquence ? 861 femmes pour 1000 hommes. Comment ces hommes s’arrangent-ils ? Tout simplement en achetant des femmes (environ le prix d’une vache), en les important d’états pauvres comme l’Orissa, le Bihar ou l’Assam et en se les partageant ou en se les échangeant…

Trois projets sont consacrés à des camps de réfugiés. Un camp bhoutanais. Un camp tibétain et un camp d’hindous qui depuis 60 ans (depuis la Partition) attendent leurs papiers indiens !

Amla souhaite parler de démocratie. Sujet très en vogue en Inde.

Chris, malaisien, nous a proposé un film plus expérimental sur l’après-tsunami qui tourne autour d’une piscine. Chris sera en France, début février : son dernier film est en compétition au Festival du Court Métrage à Clermont-Ferrand.

Enfin, Supriyo Sen qui avec son dernier film Way Back Home sur la Partition a emballé les critiques et les professionnels (notre Nicolas Philibert national et Mrinal Sen, un des plus grands cinéastes bengalis en sont fans), nous a présenté son nouveau projet. Bankable. Ruptan vit dans un village indien au sein de la communauté musulmane des Patuas : artistes peintres depuis des générations, ils content des histoires traditionnelles indiennes à travers leurs peintures et aux travers de chants. Les toiles de Ruptan sont côtées sur le marché de l’art contemporain : sa toile sur le 11 septembre a fait le tour du monde.

And last but not the least, Smitha, originaire de Bangalore, et aujourd’hui productrice pour une société de production au Mans est venue présenter le travail de son poulain en tournage : Philippe Gautier, un français marié à une indienne qui vit dans les montagnes du Kodagu avec deux éléphants dressés… Le sujet du film de Philippe ? Un portrait sur le cinéaste indien Satyajit Ray .

Euh… Et moi, je réalise un film sur ce Philippe Gautier !?

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