Journée inoubliable à Desa Anim avec nos potes de Kupang

A Desa Anim depuis deux jours, c’est avec notre nouvelle bande de copains, des étudiants de Kupang, que nous passerons une journée inoubliable.

Partis pour nous baigner dans une rivière qui s’est avérée asséchée, c’est dans un hameau de huit maisons que nous nous rafraîchirons grâce aux noix de coco offertes par nos hôtes. Le kepala dusa (l’équivalent de notre maire) avait demandé aux étudiants de visiter ces habitants à l’occasion de leur séjour. Il souhaiterait que ces familles s’installent dans le village mais celles-ci refusent de quitter leur maison de bois, chaume et feuilles de palmiers. Ici, elles peuvent garder un œil sur leurs veaux, vaches et cochons qui vivent leur vie au grand air. Ce refus oblige leurs enfants, pour aller à l’école, à trotter deux heures par jour sur des chemins rocailleux puis boueux. Se rendre au marché ou à l’église relève du défi sportif.  L’accès à la première source d’eau est synonyme d’une longue marche dans le lit de la rivière asséchée.

A notre arrivée, une dizaine de cabots nous aboient dessus. Les poulets piaillent. Un homme nous accueille dans son patio. Des femmes nous serrent la main. Des enfants nous scrutent, cachés croient-ils derrière les troncs de cocotiers. Une femme sans âge, aux  mains veineuses et à la peau tannée, me fascine de suite avec son air « la misère est dure à supporter parfois mais je ne suis pas malheureuse entourée des miens dans cette nature-amie ». Un vieil homme atteint de la maladie de Parkinson s’avérera être son fils (et non son mari comme nous l’avons cru de prime abord) : il nous sourira de sa pleine bouche édentée tout le temps où nous nous poserons dans le hameau. Nous apprendrons que l’un des fils de la vieille dame est professeur d’école en ville. Une belle réussite sociale puisque son salaire mensuel doit avoisiner les 350 euros contre 200-250 pour un ouvrier/employé et beaucoup moins pour un fermier.

De retour à Desa Anim, nous serons invités par le kepala dusa pour un goûter puis à dîner avec ses plus proches amis soit une vingtaine d’autres privilégiés ; alors que Ati et Thelsy me demandaient si j’avais déjà parlé à des femmes qui portent la burqa et que je racontais alors ma rencontre avec des indiennes musulmanes qui se déclaraient plus libres en burqa, le kepala dusa a dû m’interrompre pour dire les bénédicités : selon Matthieu, il semblerait que tout le monde étaient silencieux et attendaient que la « boulé » se taise enfin pour manger… oups.

Le dimanche, nous avons reculé notre départ pour assister à la messe (protestante) dés potron-minet. Quelle jolie surprise alors d’entendre le prêtre dire qu’il faut s’ouvrir aux étrangers et bien les accueillir tout en remerciant les deux français que nous sommes d’être présents dans son église (qui toujours selon l’évangéliste Matthieu aka Mattius en indonésien ne va pas tenir très longtemps debout cause la charpente est mal conçue).

Jamais je n’aurais imaginé aller au Timor et encore moins dans un village comme Desa Anim, un jour dans ma vie et pourtant, ce séjour totalement improvisé nous a offert nos meilleurs moments de voyage depuis notre départ, fin juin.

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