In the mood for Angkor Vat

Il n’est pas rare de voir 50 tuk-tuks, 10 autocars, 5 voitures et 3 bicyclettes envahirent les parkings des temples d’Angkor. Essentiellement ceux du « Petit Tour ». Les principaux, quoi ! Alors évidemment, dans ces conditions, il est mal aisé de ressentir les atmosphères singulières que dégagent ces chefs d’oeuvres architecturaux, datés du 9ème au 15ème siècle, symboles de la magnificence de l’ancien empire khmer (et fierté de l’actuel peuple cambodgien).

Pour le lever du soleil, à 6h du mat’, ce sont entre 500 et 1000 touristes qui se pressent quotidiennement à Angkor Vat, le « plus grand édifice religieux de la planète », délaissant ainsi tous les autres et notamment, le Bayon. Le Bayon et ses 216 visages aux sourires énigmatiques. C’est ainsi que j’ai pu littéralement, après une heure de bicyclette dans la nuit noire, jouir du Bayon de 6h à 7h… seule !!!

Incroyable sensation que d’errer dans les dédales du temple déserté, comme épiée par Dieu himself (Quoi ? Ca me rend perchée ?). Force est alors de se demander ce qu’on fiche ici. Loin de la raison. Avant de se contenter du magique instant présent. De combien d’instants présents aussi uniques a-t-on le droit en une seule et même vie ? Y a-t-il un quota à ne pas épuiser ? Bref ! Après le Bayon en solitaire, j’ai continue de pédaler jusqu’au temple Ta Prohm (celui qui est dans la jungle) sauf qu’erreur fatale, j’ai pris le temps de petit-déjeuner et la foule m’a rattrapée, que dis-je : happée. Tant et si bien que j’ai rebroussé chemin, fantasmant sur un Angkor Vat vide au coucher du soleil quant tous s’amasseront au Bayon…


(Visiter les temples d’Angkor était un rêve d’ado et ouf… malgré le niveau de l’attente, je ne suis pas déçue : j’ai pu m’imprégner des atmosphères sans avoir à jouer du coude en optant pour réaliser le « Grand Tour » en sens inverse, grimper les marches de Phnom Bakheng sous le cagnard entre 12h et 13h, demander aux gardiens de chaque temple quelles sont les heures creuses pour revenir plus tard et fuir Angkor Vat à l aube… Ce petit jeu du « ne pas être a la bonne place au bon moment » signifie point de jolies lumières ni de belles photos aux couleurs étincelantes mais qu’importe, je kiffe quand même !)

(Ce n’est pas que je n’aime pas les touristes. J’en suis une. Mais ne pas avoir à occulter de mon champ de vision et auditif des centaines de mes semblables m’aident à mieux apprécier les lieux. D’autant plus que je suis ni historienne ni archéologue.)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :