Suivre un inconnu ?

Après une magique semaine à Ko Totang, un visa cambodgien expiré depuis quatre jours, un vol Kuala Lumpur/Paris le 7 mars, il me restait quelques jours de dolce vita thaïlandaise afin de me préparer psychologiquement et physiquement au retour sur le territoire français où Marine Le Pen, vu d’ici, semble être devenue une nouvelle icône nationale… mais c’était sans compter ma rencontre avec Niels et mon goût de l’imprévu.

A peine ai-je foulé le sol thaï, que je rencontre, à la frontière donc, un anglais, Niels. Je vais à Ko Kutt sur les conseils de Adeline & Mike. Il se rend sur Ko Mak. Nous nous accordons pour dire que Ko Chang est dévastée par le tourisme de masse. J’enchaîne alors sur mes errements : quelle serait la meilleure façon de voyager ? En existe-t-il seulement une ? Niels crache sur le tourisme (et les touristes). A 38 ans, il parcourt le monde depuis toujours avec une prédilection pour le Pakistan, l’Iran et l’Asie Centrale. Il est photographe et tente de trouver de l’argent auprès de grosses ONG pour financer des projets personnels : il travaille actuellement à la réalisation d’un Livre de la Jungle avec des adolescents khmers pour d’une part, les sensibiliser à l’écologie et d’autre part, les amener à s’exprimer corporellement.  Il est actuellement établi à Chi Path, dans le sud-est du Cambodge, au coeur des Cardamones, l’une des forêts les plus préservées d’Asie du Sud-Est. Le village de Chi Path est un site éco-touristique : les revenus engrangés par le tourisme sont redistribués équitablement aux locaux. Pour l’heure, un de ses meilleurs potes, Pierce, un trentenaire australien qui vient de quitter son job de guide touristique autour du monde pour se lancer dans l’aventure humanitaire, l’attend pour faire la fête. Depuis le réveillon de la Saint-Sylvestre, les pieds dans l’Océan Indien, sur la côte sud du Sri Lanka, je n’ai pas fait de grosses fiestas. Ca me manque…

A Ko Mak, le temps est pluvieux mais les photos prises ne nécessitent aucune retouche Photoshop tant les lumières sont belles. Un lendemain de fête, la gueule de bois, alors que nous dévorons des gambas grillées, Pierce propose à sa nouvelle meuf, une allemande, de les suivre à Chi Path. Sans aucun temps de réflexion, elle accepte. Ne serait-ce pas là une opportunité pour moi d’expérimenter une nouvelle façon de voyager ? Qu’ai-je d’absolument nécessaire à faire avant le Festival de Cannes ? Prendre le temps dans un village cambodgien me semble une option idéale pour ne pas rentrer en France, frustrée. Frustrée de survoler des lieux, de ne pas approfondir les relations. Bref ! Je sature de frivolité, d’égocentrisme, de recherche de plaisir instantané, d’inconséquence…

Un appel téléphonique plus tard, ma décision est prise : retour au Cambodge pour deux mois !!!

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