De Ko Sdach à Ko Totang – Part. Two

Arrivés à Ko Totang (avec mon nouveau pote Tommy), nous sommes accueillis par la pétillante Ariane. Aussitôt, je pense que je vais me plaire sur cette île de 1,3km de long et  300 à 600 mètres de large.

Une mini-chambre dans une maison sur pilotis, en bambou et feuilles de palmiers m’est attribuée pour seulement cinq dollars la nuit ! Tommy est installé dans l’un des trois charmants bungalows en bois. Des toilettes sèches pour tous. Des douches traditionnelles khmères collectives. Douches sous lesquelles nous devons économiser l’eau puisque qu’il n y a pas d’eau douce sur Ko Totang : Ariane et Karim recyclent l’eau de la mousson et grâce à une citerne construite par leurs soins, les deux uniques familles présentes sur l’île bénéficient désormais gratuitement d’eau (avant elle était importée du continent). Ni électricité ni générateur, uniquement des panneaux solaires et des lampes à pétrole.

Loin d’être une écolo militante, je prends ici toute la mesure du gaspillage auquel je contribue en Europe et ce, même si, pour moi, tant que les agriculteurs et les industriels n’y mettront pas un peu plus du leur… parce qu éteindre le robinet pendant que je me savonne ne me semble pas une mesure suffisante hein…

Le premier soir, les tauliers, le personnel ainsi que les six touristes présents de nationalités diverses et  variées (australiens, russes, français, belges) formons une grande tablée autour d’un buffet gargantuesque, telle une famille élargie. La convivialité semble être le maître-mot de cet éco-lodge.

En 2007, alors qu’ils visitaient Ko Sdach, Ariane et Karim, un jeune couple suisse, découvrent cet îlot au large de Sianoukville. Un vieux khmer y a ses pénates. Bonjour Monsieur, à qui donc appartient cette île paradisiaque ? A vous !? Vraiment !? Pensez-vous, dans la mesure de la raisonnabilité, qu’il soit envisageable que vous nous concédiez un petit bout de plage ? Six mois plus tard, après maintes visites chez le notaire, Ariane et Karim ont l’autorisation d’exploiter, pendant dix ans, une centaine de mètres de plage. Créer un éco-lodge n’est pas leur but initial. Pourtant après plusieurs nuits sur des hamacs à regarder les étoiles, ils se lanceront dans l’aventure de l’accueil de touristes.

Nomads Land achève sa deuxième saison. Plus de 200 touristes ont déjà barboté dans les eaux turquoises de Ko Totang. Le bouche-à-oreilles semble fonctionner à merveille. Bientôt, ils seront dans les guides de voyage. Bientôt les chinois auront achevé, juste en face de l’île, sur le continent, la construction de sept villes et maints resorts luxueux, dans un parc national bradé par le gouvernement cambodgien au détriment de tout bon sens environnemental.

En attendant que le « progrès » s’installe, un paradis naturel  existe  encore au Cambodge : snorkelling, croisière dans l’archipel et notamment sur l île des requins (oui, oui, il y en a… des petits et gentils, rassurez-vous), plongée sous-marine, tour de l île en canot sont autant d activités possibles. L’alternative ? Boire des bières Angkor, fumer des clopes Alain Delon, lire Sciences & Vie Junior, Fluide Glacial et/ou des témoignages de rescapés du génocide khmer, affalée dans un hamac…

A Ko Totang, j’ai découvert la Slow Life, un concept attachant qui prône un mode de vie en douceur : écouter son horloge interne, laisser sa montre de côté, apprendre à connaître son propre rythme… Tels sont certains principes et idéaux de cette tendance. Bref ! Jouir de l’instant présent plutôt que de s’adonner à cette quête insensée du toujours plus. Travailler plus pour crever plus vite ?

(merci par avance de ne pas me cataloguer complètement perchée suite à l’énonciation de ces naïves réflexions : c’est qu en bonne parisienne, adepte du superflu et de l’inutile, consommatrice de magazines féminins et people, défenseuse de la frivolité, Zara/H&M/Mango addict, j’ai une certaine aisance à jouer les hypocrites/ faire de faux compromis pour survivre (certains diront à jouer avec les codes de notre société occidentale) et donc un retard assumé sur les options prioritaires, fondamentales et vitales. C’est combien l’abonnement à Chasse, Pêche et Nature ?)

ACTUALISATION 2015 : Karim et Ariane ont revendu leur concession sachant que le standing de Nomads Land les dernières saisons était plus élevé et plus adapté pour un budget routard. Je crois que cela a été repris mais n’en suis pas sûre. Depuis 2011, je suis retournée au Cambodge et ai découvert une autre île secrète en 2014 : Ko Ta Kiev (chut…).

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