Voyage au Far West (dix jours au Timor Ouest)

Avant le départ pour l’Indonésie, nous avions prévu de faire une escale de quelques heures à Kupang, la capitale des petites îles de la sonde à l’est de Bali. C’est au final plus de dix jours que nous improviserons au Timor Ouest. Jamais je n’avais été si loin de Paris. A une heure de Darwin en Australie.

L’arrivée à Kupang sous un soleil de plomb a été un choc culturel : hommes, femmes et enfants nous regardaient curieusement notamment sur les marchés et les gares routières où nous créions des attroupements. Au Timor, les peaux sont plus brunes qu’à Bali. Au grand dam de ce peuple pourtant colonisé par les portugais et hollandais. Dans ce bout du monde aussi, être blanc est chic. Mon dixit « long nez » semblait être au goût des timorais qui aimaient le toucher… Matthieu devait leur apparaître comme un Brad Pitt français avec sa tignasse blonde qui n’en finit pas de pousser sous les Tropiques. Tout au long du voyage, on nous a donné du Mister Matt et du Mrs Celina en forme de respect, traduction littérale de « Bapak » pour les hommes et « Ibu « pour les femmes.

Parmi les enfants, il y avait les téméraires qui osaient nous serrer la main, les plus timides qui se contentaient de nous sourire de loin puis se ruaient dans le sarong de leur mère dés que nous feignons nous approcher et les plus timorés (hahaha) qui fondaient en larmes dés que nous les regardions. Tous scandaient des « Boulé ! Boulé ! » à notre passage (« Etranger ! Etranger ! »). Les seuls blancs que nous avons croisé étaient des gens d’ONG (UNICEF, USAID, ACTED…). Plus de 300 d’entre elles seraient implantées au Timor  depuis la fin d’une guerre entre l’Indonésie et le Timor Oriental qui aura duré prés de 25 ans.

Depuis la colonisation, les timorais sont de fervents protestants et catholiques même si quelques rites animistes persistent. Après la Révolution des Oeillets en 1974, certains, à l’est, ont réclamé l’indépendance du Timor. Après un référendum en 1999, 60 % des habitants du Timor Oriental ont voté pour. Des milices de l’ouest soutenues par l’armée indonésienne ont alors terrorisé les indépendantistes. L’ONU a dû intervenir en 2002 pour faire cesser les massacres. Les casques bleus se sont retirés  fin 2012 seulement : le Timor Oriental est dorénavant un état reconnu par la communauté internationale tandis que le Timor Ouest est resté une province indonésienne.

Au Timor Ouest, nous avons visité des villages aux maisons traditionnelles au bout de routes défoncées. Au Timor Ouest, nous tenté d’atteindre des plages de rêve malheureusement inaccessibles cause le front de mer était occupé par des industries ou les infrastructures routières étaient inexistantes quand ce n’était pas des déchets qui flottaient dans des lagons turquoises. Au Timor Ouest, nous avons vu des paysages de montagnes grandioses en marchant le long de crêtes. Partout, nous avons été accueilli comme des rois : nous avons dû écarter timidité, fatigue et envie de solitude pour rendre ce qu’on nous donnait avec tant de gentillesse.

Autant vous dire, vous qui lisez ces lignes, que je vous recommande vivement de visiter le Timor Ouest si vous avez très envie de sortir des sentiers battus du tourisme de masse.

Pour lire, notre carnet de voyages au Timor Ouest.

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