Le jour où j’ai jeté mon Lonely Planet Laos – Part Two

Sanyabuli : pour la première fois de ma vie, à peine ai-je posé le pied dans une ville que je souhaite en repartir !!!

Sanyabuli est la ville du ciment Made in Thaïlande. Point de paillottes ou de jolies maisons en bois sur pilotis : toutes les maisons sont bétonnées, le long d’interminables routes droites asphaltées. Adieu veaux, vaches et cochons. Bonjour les bâtiments administratifs à l’architecture soviétique ou presque. Comme dans toutes les villes laotiennes, pas de centre identifiable et peu de lieux publics accueillants. Résultat d’une telle architecture ? Quasiment pas de piétons. Tous circulent en scooter. Les gargotes sur le bord des routes se transforment en drive in… genre ils achètent leurs saucisses qui grillent sur le barbecue sans descendre de leur engin.

Alors que j’erre sous le cagnard, un falang ! Chouette ! Peut être allons-nous s’eniver à la Beer Lao ensemble en attendant le premier bus de demain !? Que nenni ! C’est qu’il est heureux d’être là, lui ! A pied, il est venu de Luang Prabang… Au fond du gouffre, mon sac toujours sur le dos, je me dis que je peux peut être trouver un bus pour n’importe quelle destination ? L’idée de passer une de mes dernières nuits au Laos ici me déprime tant…

(15000 touristes par an à Sanyabuli. Soit 5 par jour. Où sont les 3 autres, bordel !?)

Tuk tuk

J’hèle un tuk-tuk qui, quelques mètres avant la gare routière, manque une montée cause travaux/boue. Moteur éteint, nous dégringolons en arrière. Des sacs de ciments, à mes pieds, tombent sur la route et s’éventrent. Le tuk-tuk va trop vite. Je ne peux pas sauter en marche. Brutalement stoppés par un talus de terre, nous échappons à une chute de 2 mètres dans la rivière. Hagarde, j’arrive à la gare des tuks-tuks et supplie les chauffeurs présents de m’emmener à Pak Lai, à 3 heures de route. En pleine partie de pétanque, les mecs me rigolent au nez et m’invitent à revenir à 7h30 le lendemain…

Petanq

(Thibault Sargentini, étudiant lillois de 23 ans, si tu te tapes ton nom sur Google un jour, peut être seras-tu content d’apprendre que je suis la touriste qui a dormi dans le même lit que toi à Sanyabuli, 24 jours plus tard. Comment cela tu t’en cognes !?:-)).

Bref ! Au final, j’ai mangé la meilleure côte de porc de ma vie et regardé des types jouer à la pétanque toute la soirée.

Merci par avance de cliquer sur le player ci-contre pour partager un peu de ma solitude…

Partie de pétanque

Poussière 

Pak Lai / A 7h00 du matin, j’étais déjà à la gare des tuk-tuk, prête à embarquer pour Pak Lai, ville prés de laquelle il y aurait des éléphants selon le Lonely Planet. Un de mes plus chers rêves serait de passer quelques jours à seconder un cornac. Cela est possible prés de Luang Prabang notamment mais à plus de 60 US dollars la journée… impossible pour moi et mon budget, limité à 20/25 euros par jour. Hors de question d’être entassée au fond du tuk-tuk avec aucune visibilité sur le paysage… Je m’asseois donc prés de la route. Personne n’y voit rien à redire et comment… après 30 minutes, je suis déjà couverte de poussière rouge. Quand je dis couverte, je suis rouge quoi ! Au début, cela fait beaucoup rire mes compagnons de route ensuite je sens qu’ils voient que je ramasse et font preuve d’un peu plus d’égard voire je fais même pitié à deux ou trois d’entre eux.  6 heures plus tard et une pause dans un boui-boui réputé apparemment pour ses iguanes vivants, mets appréciés des laotiens, nous arrivons à Pak Lai.

Iguane
Les deux guests house relevées par le Lonely Planet sont fermées. Je finis par trouver un hôtel confortable mais cher dans lequel je me repose un peu avant d’essayer de dégotter un restaurant, un vrai. Ma claque des soupes alors qu’il fait 35 degrés à l’ombre. Depuis trois jours, trouver un café au lait, à manger ou un lieu pour dormir demande une énergie que je n’avais jamais connue dans aucun de mes voyages… Seule je me sens, seule je suis. Alors que je désespère de trouver une personne parlant anglais, je rencontre un laotien qui parle français !  Ce monsieur est l’équivalent d’un recteur d’académie. C’est toujours étrange de constater que parler le français dans beaucoup d’endroits au monde signifie être bien éduqué, faire partie d’une certaine élite et même si ce monsieur parle mal, je me suis efforcée à faire genre je comprends tout afin de ne pas le décrédibiliser auprés de ses employés, pour qui avoir une conversation avec une française semble être le summum de la classe, aussi pouilleuse soit elle.

Dame
Le lendemain, je me décide, manuel de conversation en poche, à accoster les gens afin de faire connaissance. J’échoue sur un stand de thé, prés du Mékong, où je fais la connaissance de chauffeurs de tuk tuk. Ils m’apprendront qu’il est impossible à cette saison de rejoindre Vientiane par le fleuve. D’ailleurs, ils ne comprenent pas pourquoi j’insiste tant alors qu’il existe un bus bien plus rapide et meilleur marché… J’essaie ensuite de trouver un véhicule pour faire l’aller-retour en une même journée dans le patelin mentionné par le Lonely Planet à 30 kilomètres de là avec éléphants et cornouacs. Quelle idée de touriste ai-je sur ce coup-là ! Personne ne comprend pourquoi je tiens à aller dans cette ville. Ils me disent tous qu’il n’existe pas de camp avec des éléphants. Que si je veux en voir, faut que j’aille dans la jungle et qu’il n’est pas assuré que j’en vois. Sans compter que les seuls tuks-tuks qui y vont m’obligent à passer une nuit là-bas. Seule, je me refuse d’aller dans un patelin prés de la frontière thaïlandaise. Je crois avoir hélé tous les possesseurs de 4×4 de Pak Lai, prête à lâcher de la tune pour un aller-retour mais pas les 100 USDollars demandés par tous !!! Variante 1 million de kips. En fait, vu mon extravagante et inédite demande à laquelle ils étaient bien incapables de donner un tarif, ils me demandaient une somme irréelle avec l’espoir fou que j’acquiesce…

Piscine
Le lendemain à Vientiane,  j’ai passé l’aprem dans un spa de luxe puis enchaîné avec un plongeon à la piscine d’un palace avant d’enfiler une jolie robe, de boire des bières et de jouer au bowling avec une dizaine de routards… Aventurière de pacotille que je suis !

4 pensées sur “Le jour où j’ai jeté mon Lonely Planet Laos – Part Two

  • 15 novembre 2010 à 00:16
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    Ah les loyers exagérés de Paris, c’est grâce à eux que je ne peux plus me loger dans la capitale et que je profite de mon statut de homeless pour voyager… :-)))
    Cheveux gris ? Les miens ont plutôt tendance à blanchir… et les bras se détendent… et les rides et autres pattes d’oie se dessinent plus profondément et les seins s’avachissent et… enfin l’âge quoi !
    Hâte d’être à Bombay !!!

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  • 14 novembre 2010 à 12:00
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    Je deviens pas grand chose. Un déménagement en banlieue en début d’année parce que Paris c’est bien (mais les loyers sont trop exagérés), deux chats qui me tiennent compagnie et de plus en plus de cheveux gris 🙂
    Bon nouveau voyage 🙂

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