Le jour où j’ai jeté mon Lonely Planet Laos… Part. One

Après Phongsali et ces quelques agréables jours passés en compagnie de Nico et François,  je décide, pleine de bonnes vibes, d’essayer de m’immerger encore plus dans la culture laotienne en optant pour faire de multiples arrêts sur la route et en espérant naviguer sur le Mékong avant d’attraper un vol à Vientiane pour Tioman Island en Malaisie où je passerais ma dernière semaine de vacances avant le retour en France.

Phongsali / Me lève aux aurores avec pour objectif de trouver un café au lait sans quoi seul 1% de mon cerveau fonctionne ; 3 kilomètres à pied, 2 bars-restos fermés, 5 clopes plus tard, je finis par trouver ce que je recherche. Ouf ! Café bu, je me hâte pour squeezer les relous de chinois à la douche afin d’attraper le bus de 7h15. Dans le Lonely Planet Laos, un village est décrit comme une agréable halte avec même un Office du Tourisme ! Boun Taï que ça s’appelle. A 3 heures de Phongsali. Je me vois, déjà seule avec un guide, découvrir des villages tribaux et barboter dans de jolies rivières… Première « mésaventure » : tous les sièges du bus sont occupés. Me reste un tabouret en plastique dans le couloir. Au premier arrêt, je lis Boun machin truc, récupère mon sac à dos sur le toit du bus et me mets à la recherche d’une auberge de jeunesse avant de réaliser qu’il ne s’est pas passé trois heures depuis mon départ de Phongsali. Bécasse que je peux être parfois, je suis descendue trop tôt. A Boun Neua. 3 cafés et 10 clopes plus tard, un nouveau bus et une place assise.

Bountai


Boun Taï / 24h sans parler dans une ville banale et poussiéreuse. Aucun office du tourisme. Pas un seul laotien pipant un mot d’anglais. Personne n’ose s’approcher de moi malgré mes « sabaidee » répétés et mes sourires encourageants. La propriétaire de l’unique guest house du patelin a passé les 24h à s’épiler les sourcils et à se faire arracher ses cheveux blancs par sa fille. A sa décharge, elle a bien essayé une fois de m’inviter à sa table pour goûter des oignons blancs baignant dans un liquide plus que âpre que même elle grimaçait à chaque bouchée. Cela devait être bon pour le teint sinon je ne vois pas pourquoi s’infliger cela…

(la cuisine laotienne est très variée… les laotiens mangent de tout : ça va du porc au boeuf en passant par le traditionnel poulet mais aussi les oiseaux, les blates, les écureuils, les chiens, les grenouilles, les iguanes, les rats etc et tout un tas de plantes vertes non identifiables par moi, du soja, du bambou, des concombres, haricots verts… Beaucoup de fruits également. Au final, seul un infime pourcentage de la population est en surpoids).

Soupe
Le lendemain, réveillée par le tintamarre du village à 5h30, je ne trouverais aucune tasse de café au lait. Seul Nestlé et ses cannettes de Ice Coffee me sauveront d’une mauvaise humeur assurée alors qu’un loooong trajet m’attend jusqu’à Luang Prabang via Udomxai.

Sur le chemin, nous faisons une pause. Une femme akha essaie de me vendre du bambou. Je tente de lui expliquer que je n’en ai aucune utilité mais elle insiste avant de me montrer des ceintures en laine.  Non merci madame… c’est alors qu’elle me montre ses bracelets autour du poignet et me fais signe qu’elle est prête à me les vendre… J’adore les bracelets. J’adore l’idée de porter des bracelets « authentiques », non destinés au marché touristique. J’adore le fait de lui donner de l’argent. Je ne marchanderais pas.

(6 mois plus tard, je les porte quasiment quotidiennement avec, à chaque fois que je les enfile, une pensée pour cette dame…)

Femme akha
Après 8 heures de trajet et une seule crevaison, j’arrive à Udomxai où je croise à la gare routière François et Nico qui s’en vont dans le sud du Laos. A peine ai-je le temps de leur raconter que je viens d’apercevoir deux élephants sauvages sur la route, prés d’un fleuve, que je dois m’engouffrer dans un minibus pour 4 nouvelles heures de route. Evidemment, la seule place assise restante est la plus inconfortable. Celle au fond et au centre. Au bout de 30 minutes, je sens que je vais vomir si rien ne se passe. Je me lève pour tenter d’inspirer de l’air et aperçois une place vacante. Pour l’occuper, je dois réveiller une jeune fille qui a largement pris ses aises et qui voit le squattage de la falang d’un très mauvais oeil. Pendant les deux premières heures, elle ne fait aucun effort pour que je puisse poser mes DEUX fesses sur le siège. Au final et grâce notamment à l’intervention d’un passager, elle me laissera un peu plus de place avant de m’utiliser comme oreiller !!! Nous finirons le voyage, main dans la main, à rigoler comme des loutres.

Luang Prabang / Dans les rues de la ville classée patrimoine culturel de l’UNESCO, avec 12 kilos sur le dos, à la recherche d’un lit cause ma guest house préférée est complète, je ne prendrais pas le temps de saluer une dernière fois mes potes du Hive Bar, un couple de québécois et un franco-thaïlandais, installés ici depuis 10 ans et qui m’avaient aidé à me procurer des médicaments pour mon allergie à la chaleur. Le lendemain, après un putain de vrai petit déjeuner avec croissants et tutti quanti, direction la gare routière sud pour Sanyabuli. Ville à la description super alléchante dans le Lonely Planet. Sur le chemin, je réalise un rêve d’ado : traverser le Mékong sur un bac… Bon, je ne suis pas à bord de l’automobile de L’Amant de la Chine du Nord mais quand même, j’en pleure de joie…

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