Lovina, c’est bath ! (Bali)

Peu enthousiasmés par Munduck et ses cascades, nous avons enfin compris comment pécho un bemo (remember : camionnette locale au trajet défini qu’on hèle sur la route). A Munduck et en direction de Lovina, station balnéaire sur la côte nord de Bali, le départ se fait à 6 heures du mat’.

A 6 heures, alors que le soleil peinait à percer à travers un lourd ciel nuageux, les balinais nous souriaient avec un air entendu « Voilà les gars ! Vous avez enfin compris que notre île appartient à ceux qui se lèvent tôt ! ». Nan parce que, même si je sais après tous ces voyages asiatiques que se lever avant huit heures du matin procure de belles émotions comme avoir la sensation d’être vue par Dieu himself au Bayon (Cambodge), manger un bol de soupe sur le marché de Muang Noi au Laos avec des femmes de tribus montargnardes ou encore faire le tour du lac sacré de Pushkar en Inde dans une atmosphère spirituelle, à Bali, je ne m’étais pas encore frottée à la vie locale entre 5h30 et 8h’ du mat. Quelle erreur ! Tout ou presque se déroule sous nos yeux avant 8h : les femmes déposent leurs offrandes devant le pas de leur maison, dans des autels érigés sur les routes, dans un des trois temples de leur ville/village ainsi que dans le temple construit dans la cour de la maison familiale où se mêlent quatre générations, les marchés grouillent de monde, les warungs servent des petits-déjeuners locaux et… ô bonheur, les échoppes pour touristes « Sarong : 2 dollars  » « Hello, bananas ? », « Taxi ! Taxi ! » sont encore fermées.

Arrivés à Lovina, la pluie a rapidement vidé les rues agglutinant les touristes dépités dans les restaurants et sur les terrasses de leur bungalow. Qu’on vous l’avoue, vous qui irradiez le bonheur sur vos balcons enfin ensoleillés, à Bali, la saison sèche aurait dû débuter en juin mais en fait non : chaque jour ou presque, des reliquats de mousson inondent les chemins de terre et engorgent les rizières. Je me ravis, toutefois, des belles lumières après les pluies diluviennes.

Lovina, sous un ciel gris, était laide mais qu’importe ! L’euphorie nous a gagné sur cette plage de sable noir avec une mer encore plus boueuse que le Mékong : l’image d’un paradis balinais avait alors disparu et je crois que ce jour-là, nous nous sommes enfin détendus.

Nous ne reviendrons jamais à Bali mais nous en ferons le tour entre 5h30 et 8h du matin.

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