Après Vientiane, Vang Vieng, Luang Prabang : le voyage peut (enfin) commencer !

Lorsqu’on débarque pour la première fois au Laos par sa capitale Vientiane, s’ensuivent une bonne dizaine de jours de voyage où l’on a plus mais surtout moins le choix de s’arrêter à Vang Vieng et Luang Prabang avant de découvrir le nord et ses villages multi-ethniques.

A Vientiane et plus encore à Luang Prabang, j’ai été surprise par l’omniprésence française : entre les bars à vin et les boulangeries aux succulents croissants en passant par les baguettes françaises dont raffolent les laotiens et quelques parties de pétanque endiablées, je ne suis pas si dépaysée !

Classée Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1995, la ville de Luang Prabang (jumelée avec Chinon en Indre-et-Loire) bénéficie de fonds d’aide pour la restauration des maisons, venelles, marchés, temples, jardins etc. Résultat ? Tout est beau et propre avec une architecture coloniale dominante ; j’avoue avoir pas mal kiffé de me promener le long du Mékong avant de m’engloutir un ou deux pains au chocolat avec un expresso tout en lisant Le Monde daté du jour dans des cafés néo-coloniaux !

L’occupation française de 1907 (tout le territoire situé à l’est du Mékong cédé par le Siam) à 1953 a considérablement freiné le mouvement de modernisation du pays en offrant peu d’autonomie locale, en concédant un état lao à la Thaïlande, en instaurant un système de corvées qui obligeait tout homme laotien à travailler dix jours par an pour le gouvernement colonial, en faisant fi des différences ethniques et en redessinant des frontières entre différents états.

(ai rencontré un septuagénaire laotien qui parlait français et pour cause : il a servi  notre armée pendant vingt ans et… travaille toujours pour subvenir à ses besoins car il ne touche aucune pension militaire !)

Cela dénoncé, les Etats-Unis ne sont pas en reste puisque après l’indépendance, ils ont financé et entraîné une armée royale lao dans le cadre de leur stratégie de lutte contre le communisme en Asie du sud-est. En 1961, Kennedy donna l’ordre à la CIA de recruter 11000 hmongs pour former une « armée secrète » pour lutter contre les forces nord-vietnamiennes qui occupaient la Plaine des Jarres au Laos et ce jusqu’en…1973 !!! Officiellement, le nombre de victimes parmi les Hmongs fut évalué à 12000 morts et plus de 30000 blessés. En 1975, à l’indépendance du Laos, plus de 120000 d’entre eux parmi les 300000 que comptait la population ont préféré fuir le nouveau régime communiste ; la plupart se sont alors réfugiés aux USA.

(à la base, les Hmongs étaient un peuple indépendant qui avait émigré de Chine au début du 19ème siècle pour fuir des persécutions)

Pays le plus lourdement bombardé au monde, il arrive certaines nuits qu’on entende un « engin explosif non désamorcé » aussi appelé UXO, exploser.

(les B-52, du retour du Vietnam avait ordre de vider leurs chargements… ce qu’ils ne manquaient pas de faire… parfois sur des zones civiles)

(quelques bombes à fragmentation  arrosaient également « secrètement » des bastions du Pathet Lao, l’armée de libération du Laos.)

(l’armée soviétique a eu sa période aussi avec au programme, napalm et armes chimiques)

(et pis des obus de mortier, des munitions, des bombes au phosphore blanc, des mines etc contaminent encore de vastes zones du pays, notamment à l’est.)

D’ailleurs, une des activités culturelles majeures ici est de visiter les très nombreuses grottes dans lesquelles se cachaient/vivaient des laotiens  y a encore 36 ans…

Bref, bref, bref… je suis enfin sortie de l’autoroute touristique et viens de passer une agréable semaine dans deux charmants villages : Nong Khiaw et Muang Ngoi.

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