Parias de Pascal Bruckner

Début des années 80. Le narrateur, Frédéric, un jeune germano-pratin, fonctionnaire pour le Ministère des Affaires Etrangères français découvre l’Inde.

Au gré de ses pérégrinations, Frédéric rencontre un archéologue français couvé par une mère envahissante, un agronome américain cynique et brillant, une jeune mendiante de Bombay, un français, Julien, venu chercher l’inspiration de son premier roman dans cet Orient qui désoriente. D’autres encore.

parias-pascal-brucknerAu delà des tranches de vie, le vrai sujet du roman de Pascal Bruckner, Parias est l’Inde.

Mother India.

Ce roman foisonne de petites phrases, bons mots et réflexions que je ne peux m’empêcher de vous retranscrire. Florilège :

« Savez-vous ce qu’il y a de plus stupide qu’un européen qui déteste l’Inde ? C’est le blanc qui adore l’Inde et se croit indien par adoption, par conviction, le blanc qui attrape l’Inde comme on attrape le paludisme. »

« En Inde où le dérèglement est la règle, chacun perd le sens de la mesure. »

« Nous oscillons constamment entre le ravissement et la terreur, la joie d’épouser une vie foisonnante et la sensation de fuir avec d’autres, un cataclysme. »

« Et je savais que pour la conquérir, il fallait d’abord se faire englober en douceur, aspirer par une succion presque maternelle qui faisait de vous rapidement un enfant de cette terre. »

« Nous n’aimions pas les autres touristes : ils nous volaient le privilège d’être là, nous renvoyaient à notre nature d’européens. Que valait ce que nous faisions puisque eux le faisaient aussi ? « 

« S’affronter à l’Inde, c’est accepter d’être tenu en éveil par une énigme. »

« Pourquoi l’Inde ? Parce qu’on y est à la fois heureux et malheureux et qu’on y alterne les engouements et les aversions. Il est vrai que les indiens sont exaspérants, qu’on tombe constamment sur des escrocs minables qui vous brisent les nerfs, vous font douter de tout ; mais on y rencontre aussi des gens si charmants, si dévoués, fidèles, intelligents qu’on est pris de court et qu’on abandonne sa colère, contraint d’admettre que ce pays à des côtés miraculeux. »

Etc, etc, etc. Toutes ces citations m’apparaissent si familières. Maintes conversations, le soir, entre voyageurs tournaient autour de ces réflexions, de ces préjugés. Comme si nous faisions une thérapie collective. Parfois, des indiens participaient à nos débats et s’amusaient de nos désarrois mêlés d’émerveillement. Certains comprenaient. Faut pas croire mais eux-mêmes se perdent, hein ! En dehors de leur village, de leur ville, de leur état. Au delà de leur dialecte, de leur caste, de leur religion.

L’Inde est multiple. Une vie ne suffirait pas à l’explorer. Ca me fascine. De quoi m’extraire de codes et de règles qui m’exaspèrent. De schémas que je réfute. Quoi ? Immaturité ? Hum…

Bon alors, je vous dévoile la fin de Parias ou vous l’achetez !?

Une pensée sur “Parias de Pascal Bruckner

  • 16 février 2008 à 19:19
    Permalink

    Ecrit par : Vincent | 17 juillet 2007

    Bonjour Céline,
    J’aime beaucoup ces instants choisis.
    Concernant les écrits sur l’Inde, j’ai arrêté d’en lire : car, au début, j’avais l’impression qu’ils me faisaient écho (intellectuellement), qu’ils posaient des mots (occidentaux) sur mes pensées (confuses). Plus j’en lisais plus il me semblait qu’ils disaient la même chose avec d’autres mots : la différence culturelle et l’incapacité à en comprendre les principes de base.
    Et jusque là, je n’ai rien trouvé qui fasse écho à mes émotions, qui émoustillent à nouveau mes sens … rien qui renvoie l’Inde à autre chose qu’un objet d’étude et de comparaisons.
    Sans vouloir mettre la pression, je compte un peu sur toi pour présenter l’Inde autrement que comme cet objet d’étude …
    Merci.
    A bientôt.
    15.
    PS : J’espère que la photo sur « MyBlogLog » est plus représentative que la vieille caricature en noir et blanc.
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    @ Vincent : Ne me mets pas la pression… Mais je comprends bien ce que tu dis… De toute façon, je n’ai pas la prétention d’analyser quoique que ce soit… Au plus, mettre en forme des paroles, des images… avec un sens qui appelle nos sens… Je te tiens informé de l’évolution de mes réflexions ! Merci pour ce comm enrichissant. Encore un !
    ps : C’est tellement mieux d’avancer à visage découvert, non ? Plus de lectrices, aussi !? 🙂
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    Ecrit par : Vincent | 17 juillet 2007

    Bonjour Céline,
    Je fais confiance à ta réflexion. Tiens-nous au courant.
    Alors c’est le GRAND JOUR ?!
    A quelle heure ? où ?
    A bientôt.
    15.
    PS : Plus de lectrices ??? Bah je ne sais pas … en fait, je ne « vois » pas les internautes qui viennent me visiter. Et la photo n’apparaît que sur « MyBlogLog ».

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    @ Vincent : Désolée de ne pas t’avoir répondu plus tôt mais embrouilles de connexion…

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