Les Pieds Nickelés à Phongsali – Part. One

Après le magique trek en terre akha, j’étais très exaltée à l’idée de découvrir Phongsali avec ses paysages montagneux et ses tribus installées dans des zones reculées « hors des sentiers touristiques » dixit le Lonely Planet.

 Un périple de deux jours sur les routes non asphaltées du nord du Laos, une arrivée nocturne et l’accueil de chiens semi-sauvages ont vite eu raison des mes bonnes résolutions : au lieu de donner mes kips à une famille lao, j’ai finalement opté pour le premier hôtel tenu par des chinois. Nombreux sont les chinois à Phongsali puisqu’un passage de frontière se situe à 40 kilomètres seulement. Chinois qui se prennent ici pour les rois du pétrole.

(ceux qui sont effectivement dans cette région du monde)

(vont nous bouffer les chinois)

(cela dit, l’hôtel était bon marché et propre)

(sans compter que partager ma douche avec dix gais lurons qui fumaient leurs clopes, dés l’aube, avec une énorme pipe à eau en bambou, me changeait des timides laotiens)

Chinois

A Phongsali, j’ai retrouvé mes deux kinés préférés avec qui nous envisagions un nouveau trek de trois jours cette fois-ci mais voilà-t-il pas qu’ils sont se sont mis à blablater et qu’ils ont décidé d’un commun accord qu’ils n’aiment pas Phongsali pour une raison qui m’échappe encore et que les treks proposés par l’Office de Tourisme local sont nases ! Bref ! Ils veulent partir vers d’autres horizons dés le lendemain m’assènent-ils.
Affronter seule la rudesse d’une marche en milieu hostile ne me transcendait pas : après avoir survécu à trois jours d’hospitalisation en Thaïlande, un violent orage tropical, une éruption cutanée qu’au début j’ai cru que j’avais pécho des parasites, un accident de bateau sur la Nam Ou, une crevaison sur une route montagneuse, une chute dans la jungle que mes fesses me rappellent leur existence à chaque fois qu’un car se prend un nid-de-poule soit toutes les cinq minutes, des températures supérieures à 40°C, un taux d’humidité à plus de 90%, des bestioles inconnues qui piquent etc etc, j’avoue que je ne crache pas sur une compagnie amicale même si pas au point de partir en trek avec les premiers venus : deux couples d’américains m’ont proposé de me joindre à eux… mais non… ils semblaient moins funky que François et Nico qui finissent même par délaisser leurs fringues Quechua. C’est dire le changement en quelques jours à mon contact ! Hahahaha !

(A leur décharge, il est vrai que les treks proposés ne sont pas passionnants : 5 à 7 heures d’ascension jusqu’à un village akha où les habitants se fichent un petit peu quand même des falangs qui débarquent chez eux tous les 3 jours suivies d’une descente casse-gueule pendant une longue journée avec un guide qui en sait autant sur les tribus du coin que moi sur la reproduction des mouches)

Orage

 

Orage tropical

L’autre option, celle qui me branchait le plus au final : louer un scooter et partir plusieurs jours à l’aventure et demander le gîte et le couvert dans les villages traversés à la Pékin Express mais avec plus d’un euro par jour ou à la J’irais dormir chez vous sans les caméras. N’ont pas voulu les normands. Seule ? Problème, problème :

1/ Je ne sais pas conduire un scooter et encore moins sur des chemins rocailleux perchés à 1600 mètres d’altitude.

2/ Sans phallus, je me sens relativement démunie face à un homme énivré au lao lao méconnaissant les us et coutumes des occidentales sexuellement parlant (non, non, non, on te conclut pas en 5 minutes chrono comme dans les films !)

3/ Je suis vieille, parano et hypocondriaque, euthanasiez-moi !

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