Les Pieds Nickelés à Phongsali – Part. Two

A défaut d’une virée de plusieurs jours en scooter, nous avons décidé avec François et Nicolas de louer des scooters pour une demi-journée pour partir à la découverte des villages environnants et notamment du Ban Khounsoukluang, à 14 kilomètres, réputé pour son Green Lao Lao Whisky d’après l’Office du Tourisme de Phongsali.

Avant notre escapade, alors que nous nous gavions de porc laqué dans un resto chinois, nous avons rencontré Juha, un finlandais qui voyageait dans toute l’Asie du Sud-Est sur une vieille bécane vietnamienne des années 70. Juha s’apprêtait à partir encore plus au Nord du Laos, à la frontière avec le Vietnam où il n’est pas certain qu’il existe des routes praticables avec pour objectif de fumer de l’opium, pour la première fois de sa vie, directement avec les producteurs. Quelques images du film de Danny Boyle, La plage, me sont venues à l’esprit : champs de cannabis dans des paysages somptueux et gardes armés de kalachnikovs pas très funkys mais bon, avec l’expérience, je sais qu’il est vain de vouloir dissuader un routard décidé de tenter des expériences extrêmes.

A califourchon, derrière Juha, sur la vieille moto vietnamienne, sur des chemins montagneux, tortueux et caillouteux, je n’étais pas très fière notamment lorsqu’une énorme vache nous a obstruée la route… A mi-chemin, un village. Nous avons fait halte. Trois blancs sur des engins pétaradants, ça ne passe pas inaperçu… C’est un peu comme si trois obèses bikers indiens tatoués aux cheveux gras débarquaient à Buchelay, petit village assoupi des Yvelines. Sodas achetés chez l’épicier du coin, seul lieu public du village,  histoire de faire marcher le commerce local et de montrer que nous sommes sympas, quoi… Avec toute l’humilité dont nous pouvons faire preuve, nous pénétrons doucement à l’intérieur du village. Les visages des uns et des autres montrent d’abord une certaine surprise, puis se détendent. Sabaideeeeeeeeeeeeee. J’adore répéter ce mot « sabaidee » qui signifie bonjour, à chaque regard croisé. Les sourires offerts en échange nous détendent. Sur une place, des villageois se lavent avec le seul robinet d’eau courante. De suite, quelques farceurs nous invitent à les rejoindre sous l’eau. Ni une ni deux, François et Nicolas se mettent en caleçon et se savonnent sur la place publique, en faisant, à leur habitude, les pitres. Hommes, femmes, enfants, tous sont hilares. Juha finit par se laisser convaincre des bienfaits d’une douche froide. De mon côté, je n’ai pas de paréo sur moi pour me laver comme les femmes d’ici. A force de gestes, l’une d’elle le comprend et m’invite chez elle pour m’en prêter un. Frais et propres, nous reprenons la route sous les saluts des villageois qu’il semblerait que nous ayions beaucoup amusés. Tant mieux ! Nous sommes également euphoriques.

Douche


Arrivés au Ban Khounsoukluang, nous sortons nos guides de conversations en lao pour demander où nous pouvons trouver du Green Lao Lao. Nous nous imaginons une distillerie dans une paillotte, tenue par de vieux monsieurs, quelque peu alcoolisés qui nous accueilleraient comme des pachas. A votre santé ! A vos amours ! Bon… revenons à la réalité : personne ne comprend ce que nous fichons là et ce que nous recherchons. Un homme, cependant, nous invite à pénétrer chez lui et nous offre du thé. Lui et sa charmante épouse  ont deux jeunes garçons. Ils sont fermiers et il n’y a point de distillerie de lao lao dans ce village finit-il par nous lâcher. Un peu déçus, nous n’en sommes pas moins très émus par l’hospitalité de cette famille. Nicolas, soucieux d’échanger des valeurs culturelles avec nos hôtes, se lance dans une mémorable interprétation de Un petit coin de paradis de Georges Brassens. Grand succès. Malheureusement, la timidité de nos hôtes nous empêcheront de découvrir des chants traditionnels du coin. Après une demi-heure de dialogue difficile cause barrière de la langue, nous quittons notre hôte et nous avançons un peu plus dans le village.

Nous écouter tenter d’échanger quelques mots en cliquant sur le player ci-dessous…

Dialogue franco-laotien

Adomec
Traînassant derrière les mecs, je finis par les perdre et ne plus oser avancer : des chiens m’aboient dessus et je flippe des chiens. Ici, une simple morsure signifie retour France avec crainte de s’être pécho la rage. Du coup, j’en profite pour jouer avec des mômes dans un arbre que je me demande lequel va se casser une jambe en premier. Deux timides adolescentes m’abordent alors dans un anglais hésitant et me propose de prendre un thé chez elle. Yes ! Cooool ! A l’intérieur de la maison, quelques camarades de classe avec qui elles partagent la maison et un de leurs professeurs qui parle anglais. Alleluia ! François, Nicolas et Juha finissent par me rejoindre. Hilare, je suis déjà. Même au fin fond d’un village laotien, les adolescents restent les mêmes : obnibulés par le cul, transgressifs (clope, alcool), timides mais téméraires et amateurs de hip hop américain. Yo ! Que je  prends la pose devant l’objectif. Nicolas se lancera même dans une battle d’additions/soustractions/multiplications/divisions. Et celle-là ? T’es cap’ de la résoudre ?

Battle

Le soir venu, ce sera grosse fiesta dans un bar karaoké de Phongsali pour les 26 ans de Nicolas.

Cliquez sur le  player ci-dessous pour nous entendre chanter…

KARA0KE

Karaocké

2 pensées sur “Les Pieds Nickelés à Phongsali – Part. Two

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