Temples d’Angkor : Ta Prohm & Banteay Srei – Part. One

Troisième et dernier jour à arpenter les temples d’Angkor

Sur les conseils d’un pote franco-cambodgien, outre les temples du Petit Tour et du Grand Tour, j’ai visite le Banteay Srei aka La Citadelle des Femmes à 25 kilomètres de Siem Reap.

Hors de question de pédaler 50 kilomètres, en plein cagnard. J’ai donc demandé la veille à Mister Nini, le taulier de ma conviviale guest house de me trouver un tuk-tuk pour un départ à 5 heures du matin : lever du soleil à Ta Prohm (le fameux temple dans la jungle que j’avais rebroussé chemin tellement il y avait du people) puis enchaînement avec Banteay Srei puis reste de la journée à (enfin) Angkor Vat avec un retour en vélo.

Alors que je devisais avec un touriste français sur les différents temples, Mr Nini me présente mon chauffeur de tuk-tuk : un jeune gars affable en train de se rouler un gros pétard…

Cinq heures du mat’, alors qu’il dort dans le patio, sous une moustiquaire, sur un sofa en osier, l’alarme de son téléphone portable retentit. 5h01, il monte sa remorque sur sa moto. 5h05, nous nous enfonçons dans la nuit noire. 5h50, nous approchons de Ta Prohm. Un barrage. Un type me demande un dollar pour continuer. Devant cet acte de corruption évident, je m’enquis des conséquences d’un refus : faut attendre l’ouverture officielle à 6h. Une clope plus tard, je passe sans avoir finalement eu à payer. Nous arrivons devant l’entrée ouest de Ta Prohm. Pas une âme qui vive. Il fait toujours nuit lorsque je m’avance sur un large chemin de terre dans la forêt cambodgienne tout en commençant à me demander si c’était bien une ingénieuse idée de venir seule à l aube… Des bruits de bestioles non identifiées me font un peu flipper. Ne pas s’éloigner du chemin, je me répète. Faudrait pas sauter sur une mine antipersonnelle à trois semaines de mon retour en France quoi !

Au bout du chemin, à droite, un premier massif édifice semble surgit de nulle part. Je ne vois que son ombre… mais commence à reprendre confiance. Peu à peu la lumière se fait et je découvre un à un les nombreux édifices. Beaucoup ne tiennent plus que grâce à des arbres centenaires (des fromagers). A moins qu’ils ne les détruisent. J’hésite. Ces enchevêtrements de roches et de racines donnent un sentiment de fin du monde. Alors que je me demande ce que Eve pouvait bien ressentir, une averse tropicale trempe rapidement le sol et… me rend euphorique ! Je patauge dans la gadoue dans ce monastère du roi où il y a huit siècles vivaient 12000 personnes ! Trempée, je me faufile finalement à l’intérieur des bâtiments où quelques chauve-souris ont élu domicile.

Alors que j’ai  l’impression d’être perdue au milieu de nulle part, vif retour à la réalité :  les premiers touristes débarquent. Il est 6h45. A la sortie, je croise le premier bus de la journée… et me dis qu’idéalement, faudrait visiter un seul temple par jour : de 6h à 7h du matin.

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