Vang Vieng : la ville « ding dong »

Au nord de Vientiane, la capitale du Laos, Vang Vieng est une petite ville tranquille sur les rives d’un affluent du Mékong, la Nam Ou. Ville où ses habitants coulaient des jours heureux jusqu’à l’arrivée massive de touristes en provenance de la Thaïlande : jeunes, dénudés et anglo-saxons pour la majorité.

Depuis quelques années seulement, des centaines de touristes envahissent donc quotidiennement le centre ville de Vang Vieng, ivres morts. Surtout la nuit tombée, lorsque les bars distribuent des seaux de whisky local (« Whiskey Bucket »). Gueule de bois assurée.

(+16% de touristes au Laos l’année dernière soit 2 millions : troisième revenu du pays)

(le Laos est ouvert au tourisme depuis 1989 seulement)

Ayant trouvé un charmant bungalow le plus loin possible des restaurants où les menus « happy » sont légion, ma voisine s’est avérée être ma copine de train, la foldingue canadienne Amber ! Heureux hasard !

(Entendre par « happy », mets plus ou moins délicatement accompagnés d’herbe -et pas de Provence-, d’opium ou de champignons hallucinogènes)

Entre deux randonnées à pied ou en bicyclette et visites de grottes spectaculaires, j’ai cédé aux supplications de Amber et accepté de descendre la Nam Ou sur… une chambre à air de tracteur !!! Du tubing qu’ils appellent ça et d’après le Lonely Planet, c’est une « étape incontournable sur la route de l’Indochine » : faut qu’ils arrêtent les champignons au Lonely Planet…

(un couple de français, habillés en Quechua de la tête aux pieds, à l’intérieur d’une grotte :

Elle : « Ca va, mon cœur ? Je t’entends glisser.

Lui : Non, bébé, ça va. Et toi ? T’es sûre que tu veux aller plus loin ? C’est sombre…

Elle : Oui, tu as raison, mon cœur, il fait sombre dans cette grotte. Faisons demi-tour »)

Après avoir lâché 55 000 kips chacune soit un peu plus de cinq euros à un type pas souriant qui nous a marqué telles des vaches en nous écrivant un numéro sur la main avec un feutre indélébile, nous avons grimpé à l’arrière d’un pick-up avec huit autres donzelles, toutes blondes. Un quart d’heure plus tard, nous nous retrouvions, notre chambre à air sur la tête, au bord de la Nam Ou, prés d’un bar où hurlait Rage Against The Machine et où une enseigne lumineuse et clignotante affichait : FREE SHOTS.

OK, OK… le deal est donc autant de descendre le fleuve que de verres d’alcool !!!

Nous voilà donc parties, pour une journée entre paresse sur l’eau et alcool local macérant dans des copeaux de bambou et Beer Lao. A un mois de la mousson, le niveau de l’eau est au plus bas et souvent nous devions nager pour ne pas stagner tout en soulevant nos fesses pour ne pas se prendre un coup de rocher.

(les serveurs alpaguent les clients en leur jetant une bouteille en plastique attachée au bout d’une corde qu’ils tirent pour les rapprocher de la rive)

(alors que je quémandais un simple bol de riz, on m’a proposé de l’assaisonner avec de l’opium…)

Deux jours plus tard, pour nos adieux, nous décidons, avec Amber, de faire la tournée des bars où nous avons rencontré Derek, originaire du nord de l’Angleterre.

(D’Ecosse ? Non du nord de l’Angleterre pas du Royaume-Uni ! Oups…)

Alors que nous rigolions fort bien (notamment de mon anglais pourri qu’il paraît que j’utilise des expressions désuètes…), nos seaux à la main, et après avoir rencontré un réalisateur coréen, récemment primé à Séoul pour un court métrage d’animation, nous atterrissons au Rock Bar où la musique est juste impossible. Ni une ni deux, je m’en vais alpaguer le DJ qui s’avère être un… opod ! Oh ! Oh ! Après une très courte négociation avec le boss du bar, je branche mon propre ipod et débute un set de deux heures avec Superstition. Suivront Bille Jean, Kiss, I want you back… Carton plein pour Last Nite des Strokes. Le bar s’est rempli et les consommations ont afflué ; heureux que je l’ai rendu le boss qui me répétait en boucle : « Free beer for you. Free beer for you ».

Alors que la soirée battait son plein, une coupure d’électricité générale a plongé des centaines de fêtards dans le noir. Des avalanches d’eau se sont abattues subitement sur nous. Le tonnerre s’est mis a grondé et des rafales de vent emportaient tout sur leur passage. Petit moment de panique… c’est que nous avions vingt minutes de marche avec Amber et quatre ponts suspendus en bambou ne répondant à aucune norme de sécurité existante à traverser. Après une heure de tergiversations, Derek nous a proposé de nous escorter (quels gentlemen, ces anglais !). Heureuse qu’il prenne cette décision car Amber était comment dire… très très saoule ? En vrai, elle était incapable de marcher droit. Un mètre de large à peine qu’ils font les ponts… Résultat des courses ? Deux chutes pour Amber dont une d’un des ponts : une jambe égratignée seulement pour une chute d’un mètre sur des cailloux (et pas dans l’eau… ouf !). Une tong de perdue pour Derek et un vol plané dans la boue en essayant de retenir Amber qui glissait. Rien pour moi qui tenait la torche et décuitait aussi rapidement que mes vêtements se mettaient à pisser la flotte.

Beaucoup d’inconscience (Amber). De flips (moi). De rigolades (tous).

Veni. Vidi. Vici.

Vang Vieng, le 28 avril 2010

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