A la quête d’un visa indonésien à Kuala Lumpur

Après des nuits passées dans les insalubres hôtels de Chinatown lors de mes précédents séjours dans la capitale malaisienne, j’ai tenté en cette belle année du serpent, le quartier de Bukit Bintang. Ô joie ! Des draps propres et surtout des salons de massage des pieds qui font oublier à mes lourdes jambes les plus de 13h de vol.

Un premier dîner sur un marché de nuit où je me suis baffrée de palourdes arrosées de Tiger Beer a amorcé ce nouveau voyage de plus de quatre mois en contrée asiatique qui m’emmènera à Singapour, à Bali, dans les petites îles de la Sonde orientale et en… Inde du nord !

(Merci à Air Asia pour le Kuala Lumpur-Calcutta à 50 euros)

Malgré une arrivée nocturne et les affres d’un décalage horaire fatigant (+ de 6 heures), réveil à 8h du mat’ pour faire une demande de visa indonésien de 60 jours.

Première étape de cette chasse au trésor moderne : trouver un distributeur de billets pour payer les 170 ringgits demandés. Niveau débutant. Objectif atteint en 10 minutes.

Deuxième étape : faire photocopier son passeport ET le tampon d’entrée en Malaisie. Niveau débutant à moyen. Objectif atteint en 20 minutes (c’est qu’il faut le trouver LE gars qui à 9h du matin a son scanner avec de l’encre en état de marche)

Troisième étape : faire deux photos d’identité. Des néons Samsung et Nikon m’ont facilement guidé jusque dans un centre commercial dédié à l’électronique où je crois avoir vu un Ipad 2 à 300 euros. Niveau débutant. Objectif atteint en 40 minutes (bah oui, le temps de l’impression).

Quatrième étape : trouver l’ambassade indonésienne. Sur le plan, cela apparaissait simple. Dans les faits, de multiples voies rapides, carrefours que tu traverses en courant entre deux voitures japonaises de luxe (et pas mal de Jaguar, BMW aussi) dans un épais brouillard… Enfin « brouillard » est un mot poétique pour parler de pollution atmosphérique : « Comme chaque année, de juin à septembre, en Indonésie, où la culture sur brûlis reste largement pratiquée, le ciel s’assombrit : petits fermiers et grandes plantations – celles d’huiles de palme en particulier –, bravant les interdictions officielles, allument des feux pour se faciliter la tâche de défrichage et de nettoyage des terres. » (source Le Monde).

Singapour vient d’atteindre un taux record de pollution qu’il est possible de suivre en temps réel sur ce site. Tout à côté, Kuala Lumpur n’a pas été épargnée : j’ai dû investir dans un masque facial pour ne pas respirer comme si je venais de me fumer deux paquets de clopes dans un club où la clim’ serait en panne et que les corps des danseurs feraient monter la température à plus de 35° (paie tes vacances au soleil). Bref, de traversées de chantiers de construction en passages pour piétons où tu as quinze secondes pour traverser une quatre voies et pas une de plus, le taxi s’est avéré nécessaire pour rejoindre cette fameuse ambassade avant 13h, dernier délai pour faire une demande. Niveau moyen. Objectif atteint en 45 minutes.

Cinquième étape : remplir un formulaire et assurer sur l’honneur ne jamais avoir été emprisonné en Indonésie. Niveau débutant. Objectif atteint en 5 minutes.

Sixième étape : répondre aux questions d’une charmante jeune femme derrière un hygiaphone après avoir pris un ticket et fait la queue comme à la Sécu. Questions à priori toutes simples mais moi j’dis qu’il faut se méfier des questions soi-disante innocentes de cette affable dame car quand même, de fil en aiguille, tu en es presque à lui raconter ta petite enfance.

 » Quel est votre travail ?

– Travailleuse sociale

(bah oui je mens car j’ai l’habitude qu’on assimile mon job à celui de journaliste et là, tu es dans la panade car OK ils ont un abattement fiscal de 20 % mais qu’est-ce qu’ils doivent galérer pour obtenir un quelconque visa. Pas à envier ces gens-là).

– Et pendant que vous êtes en vacances, vous continuez de toucher votre salaire ?

(je crois percevoir derrière cette anodine question, une jalousie exacerbée envers le système social français… Question à laquelle, je réponds oui car pas envie de me voir refuser mon visa sous prétexte de trop faibles revenus blablabla. Seulement, je n’avais pas anticipé son regard mi-étonnée, mi-çavatranquillelalifelesfrancais. Du coup, je me suis sentie obligée de me justifier, contrite : « I know, I’m lucky… »)

 – Ah mais vous avez un visa indien en cours de validité !?

– Oui… après deux mois en Indonésie, je pars deux mois en Inde. J’ai déjà le billet d’avion hein !

– Hum… et vous êtes mariés ou c’est votre petit ami ?

(Ah oui que je vous dise, grosse news : j’ai un mec ! Un vrai ! Un qui part avec moi pendant ces quatre mois ! Matthieu qu’il s’appelle et il va même écrire parfois sur ce blog il a dit)

A mon « désolée mais nous ne sommes pas mariés… », elle jette un regard réprobateur à Matthieu qui s’empresse de nous justifier et de lui annoncer que nous pourrions nous marier selon le rite hindou en Inde. Conquise par le petit frenchie, elle lui conseille de faire sa demande au Taj Mahal qu’elle rêve tant de visiter (elle drague mon copain ou je paranoïe!?). Bref ! La conversation fut sympathique et en sortant, nous n’avions aucun doute sur nos chances d’obtenir ce fameux visa de 60 jours. Niveau moyen à expert. Objectif atteint en 15 minutes.

Septième et dernière étape : récupérer son passeport avec le visa, le lendemain à partir de 14h. De nouveau ticket et queue comme à la Sécu. Je retombe sur la nouvelle pote de Matthieu qui me dit qu’elle ne peut pas me donner mon passeport avec le visa car j’ai les épaules dénudées mais que mon « boyfriend » peut le récupérer à ma place. Honteuse, je m’excuse, bégaie et extirpe une étole de mon sac afin de couvrir ces épaules du pêché… Niveau moyen à expert. Objectif atteint en 10 minutes.

A nous Bali, l’archipel d’Alor et le village des pêcheurs de baleines.

2 pensées sur “A la quête d’un visa indonésien à Kuala Lumpur

  • 29 juin 2013 à 17:14
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    A chaque qu’on y est allé, on prenait des vêtements de rechange et on se changeait sur le côté du bazar…. On finissait en mettant nos groles de marche dans l’escalier d’entrée ! Bises et profites bien, j’en connais deux à qui ce coin là du monde manque pas mal !!

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