Un voyage en indépendant au Venezuela n’est point aisé…

Un voyage en indépendant au Venezuela n’est point aisé avec un budget routard.

En effet, au Venezuela, le plein d’essence vaut moins de deux euros mais visiter les parcs nationaux et autres merveilles naturelles coûte entre 150 et 500 euros les deux à six jours d’excursion. Que ce soit pour bivouaquer en Amazonie, trekker dans la Cordillère des Andes, grimper au sommet Mont Roraima dans la Gran Sabana, se baigner dans les eaux turquoises de l’archipel Los Roques ou longer les grands fleuves à bord d’une pirogue jusqu’aux Chutes Salto del Angel ou dans le Delta de l’Orénoque, il faut passer par une agence de voyages locale, souvent tenue par des européens qui pratiquent, dans l’ensemble, des prix quasiment similaires.

En dehors ces onéreuses excursions, point vraiment de salut si tu n’as pas d’amis vénézuéliens car le pays est peu sûr en dehors des chemins balisés surtout dans les villes et sur les plages où des colis de  drogue s’échouent en provenance des Caraïbes. Une alternative, reste la location d’une voiture et engager un pirata sur place : un pirata est un guide touristique non officiel qui peut se révéler très efficace ou te dépouiller ou te faire prendre des risques dangereux. Toutefois, la plupart des touristes que je rencontrais étaient ravis de leur séjour au Venezuela : ils enchaînaient les excursions sur deux semaines puis rentraient chez eux ou continuaient leur voyage sur la Colombie ou le Brésil. A ce jour, ce type de voyage est la meilleure option pour profiter de l’extrême beauté des sites naturels qu’offre ce pays extraordinaire.

carte-venezuela

De mon côté, comme d’habitude, je n’avais rien vraiment planifié ; en restant dans une posada populaire à Ciudad Bolivar (la porte d’entrée pour un grand nombre d’excursions), j’espérais rencontrer un touriste prêt à me suivre cinq jours sur le Rio Caura avec un guide local réputé (Miguel Esteba) et dormir dans des villages indiens Yekuana puis arpenter pendant cinq jours la Gran Sabana en 4×4/avion : ces deux excursions moins populaires coûtaient 1000/1200 euros au total. Mon budget était de moitié. J’ai attendu dix jours à Ciudad Bolivar pour tomber sur LE touriste mais non, aucun n’a accepté…

Un mois plus tard, à la fin de mon voyage, de retour du Delta de l’Orénoque, des chutes Salto del Angel dans le Parc national de Canaima et de Manaus au Brésil, j’ai refait une halte à Ciudad Bolivar où j’ai rencontré un voyageur indépendant polonais qui avait connu les mêmes déboires que moi à Puerto Ayacucho : il était resté deux semaines là-bas à espérer qu’un guide indien baisse ses tarifs pour l’emmener dans l’Etat d’Amazonas ou qu’un autre voyageur accepte de le suivre. Malheureusement pour lui, il n’a croisé aucun autre voyageur en deux semaines et le guide a refusé de baisser ses tarifs. Nous avons bu des bières dans une bodega toute une journée tout en se lamentant de ne pas s’être rencontrés plus tôt avant qu’un vieux, dés la nuit tombée, nous conseille vivement de rentrer dans notre posada.

Seguridad. Seguridad.

(en avril/mai 2012 : un euro au marché noir valait 10,5 bolivares tandis que un euro payé/retiré avec ta carte bancaire valait 5 bolivares ! Résultat si tu ne veux pas dépenser le double  ? Tu te balades avec tout ton argent sur toi et si tu veux payer les excursions cash, ça fait beaucoup d’argent ! Tu n’utilises ta carte bancaire que si tu es en rade de fric ou que tu te fais dépouiller…)

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